Bafoussam après le C2D : 23,8 milliards de voirie, 204 boutiques et deux abattoirs
La phase I du programme C2D Urbain consacré aux capitales régionales s’achève. La ville a reçu 20,625 kilomètres de voirie en béton compacté au rouleau, des marchés reconstruits et des équipements marchands neufs. Inventaire chiffré d’un investissement qui redessine les conditions d’exercice du commerce local.
Le programme relève du Ministère de l’Habitat et du Développement urbain, financé en partenariat avec l’Agence française de développement dans le cadre du contrat de désendettement et de développement. Son volet « Capitales régionales » vise à moderniser les villes camerounaises en améliorant la mobilité, le désenclavement des quartiers, l’accès aux services de base, le développement économique et les capacités des collectivités locales. Il est aujourd’hui presque achevé à Bafoussam, Bertoua et Garoua.
Le poste principal est routier. La ville dispose désormais de 20,625 kilomètres de voirie en béton compacté au rouleau, pour un coût total de 23 829 244 115 francs CFA. Cet ensemble se répartit entre 5,65 kilomètres de voies de contournement du centre commercial et 14,14 kilomètres de voies de désenclavement des quartiers denses, dont 5,40 kilomètres classés prioritaires au titre des aménagements liés à la Coupe d’Afrique des nations.
Trois axes structurent le nouveau réseau : la liaison entrée du stade municipal, stade municipal, premier carrefour Évêché ; l’axe pharmacie Binam, hôpital régional, entrée du marché B ; et le tronçon feux rouges, stade omnisport, Socada, entrée de la chefferie Bafoussam. Le choix de ces itinéraires n’est pas neutre. Il relie systématiquement des équipements marchands à des équipements de service, ce qui traduit une logique de flux plutôt qu’une logique d’affichage.
Les équipements marchands, poste le plus directement économique
Pour un montant de 2 066 100 387 francs CFA, le programme a reconstruit une partie de l’appareil commercial de la ville. Les pourtours du marché A ont fait l’objet d’une construction partielle intégrant 204 boutiques. Le marché Casablanca a été rénové. Un hall volaille de 533,50 mètres carrés a été livré, comprenant 36 loges et 10 box de déplumage. Un hall vivres frais de 217,34 mètres carrés accueille 71 étals. Un parc à bétail de 533,50 mètres carrés offre 47 loges.
L’ensemble est complété par des ouvrages d’assainissement et de logistique marchande : une voie structurante de 2 109,38 mètres carrés en pavés autobloquants avec un bloc de toilettes publiques, une zone de déchargement de 980 mètres carrés, et deux abattoirs modernes sur 360,9 mètres carrés.
Ces équipements changent trois paramètres pour les commerçants. Le premier est la sécurisation de l’emplacement, une boutique en dur valant à la fois un outil de travail et un actif transmissible. Le deuxième est la conformité sanitaire, condition d’accès aux circuits de distribution formels pour la volaille et la viande. Le troisième est la fiscalité locale : un équipement marchand structuré permet à la commune de percevoir des recettes identifiées, ce qui ouvre la question, légitime, de la contrepartie en services rendus aux occupants.
Loisirs, événementiel et services de base
Le parc de loisirs Paul Biya, d’une superficie de 8 300 mètres carrés, a été réceptionné le 9 février 2023 pour 587 128 073 francs CFA. Il comprend des aires de pique-nique, un monument, des fresques murales, des espaces engazonnés, un restaurant de 100 places, un bar de 40 places et un espace d’exposition de 200 mètres carrés. Une salle de fêtes polyvalente de 1 200 mètres carrés, implantée sur un site de 4 659 mètres carrés, peut accueillir jusqu’à 1 000 personnes, avec mezzanine, stationnement pour 100 véhicules, salle de réunion et groupe électrogène.
Cet équipement événementiel n’est pas anecdotique dans une région où les cérémonies familiales, les assemblées d’associations et les réunions d’épargne collective constituent une activité économique à part entière, mobilisant traiteurs, décorateurs, sonorisateurs et loueurs de matériel.
Sur les services de base, le programme a livré 10 kiosques à eau, 83 points d’éclairage public solaire, 18 blocs de toilettes dont 8 publics et 10 en milieu scolaire, 1,5 kilomètre d’extension du réseau d’eau potable et deux forages équipés de pompes manuelles dans des établissements scolaires. L’éclairage public solaire mérite une mention particulière, parce qu’il prolonge l’amplitude horaire du commerce de proximité sans dépendre du réseau électrique.
La question qui suit
Une phase d’investissement se juge à sa phase d’entretien. Vingt kilomètres de voirie en béton compacté, deux abattoirs et 83 points lumineux constituent un patrimoine dont la maintenance représente une charge annuelle récurrente pour la commune. La ville a changé de visage, elle a aussi changé de niveau d’exigence budgétaire. C’est la variable à surveiller au cours des trois prochains exercices.
O.F
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