Onze milliards et une nouvelle mandature : le Conseil régional de l’Ouest ouvre son second cycle
Réuni le 30 juin 2026 à Bafoussam, le Conseil régional a installé les conseillers élus le 30 novembre 2025, présenté un rapport faisant état de 82 réalisations en 2025 et adopté un budget d’environ 11 milliards de francs CFA. L’institution double ainsi ses moyens par rapport à ses premiers exercices, dans un contexte de transferts de compétences inachevés.
La séance s’est tenue le 30 juin 2026 dans la capitale régionale, sous la présidence du docteur Jules Hilaire Focka Focka, en présence du représentant de l’État Adrey Epente Tazeu, secrétaire général de la région, agissant pour le gouverneur, ainsi que de responsables sectoriels et d’autorités administratives. Sur les 90 conseillers régionaux que compte la deuxième mandature, 79 ont pris part aux travaux.
Cette première session ordinaire du nouveau cycle avait trois objets : l’installation des conseillers élus le 30 novembre 2025 et des membres du bureau, la présentation du fonctionnement de la collectivité, et l’examen du rapport spécial de l’exercice 2025. Le président a annoncé 82 réalisations menées au cours de l’année écoulée, malgré les difficultés liées aux transferts de compétences vers les collectivités territoriales décentralisées.
Une trajectoire budgétaire à lire dans la durée
Le budget adopté pour l’exercice en cours s’établit à environ 11 milliards de francs CFA. La comparaison avec les exercices antérieurs éclaire la progression. Le budget 2024 s’élevait à 5 195 200 000 francs CFA en recettes et en dépenses, et il avait été exécuté à hauteur de 3 665 053 397 francs, soit un taux de réalisation de 70,54 pour cent, adopté lors de la session ordinaire tenue les 7 et 8 mai 2025 à Bafoussam.
Deux enseignements se dégagent de ce rapprochement. Le premier tient à la montée en puissance : l’enveloppe a doublé en deux exercices, ce qui traduit une progression des dotations et des recouvrements. Le second appelle davantage de prudence : un taux de réalisation de 70,54 pour cent signifie que près de trois dixièmes des crédits votés n’ont pas été consommés. Doubler un budget sans améliorer le taux d’exécution reviendrait à doubler le volume des crédits non employés. C’est sur ce ratio, plus que sur le montant voté, que se jugera la mandature qui s’ouvre.
Les chantiers inscrits
Le budget de l’exercice finance plusieurs projets identifiés. La construction d’une case d’accueil avec parking et toilettes écologiques figure parmi les réalisations physiques. La poursuite de la maturation du site de la Métché, chute d’eau connue du département de la Menoua, s’inscrit dans une logique de valorisation touristique, tout comme la maturation du projet d’aménagement du lac Assango Mamouth à Santchou. La préparation de la troisième édition des Rencontres d’échanges, de découvertes et d’exhibition de la région de l’Ouest complète l’ensemble.
Le terme de maturation mérite d’être compris pour ce qu’il désigne. Il s’agit de la phase d’études, de faisabilité et de sécurisation foncière qui précède l’investissement. Elle n’est pas visible sur le terrain, elle est pourtant la condition de tout projet finançable, et son absence explique l’essentiel des chantiers publics qui s’enlisent.
Ce que le Conseil peut et ne peut pas
L’institution dispose d’un mandat large et de moyens contraints. Elle intervient en appui au développement local, économique, sportif et socioculturel, sur un territoire de 13 892 kilomètres carrés qui compte huit départements et quarante arrondissements pour plus de deux millions et demi d’habitants. Rapporté à cette population, un budget de 11 milliards de francs CFA représente un ordre de grandeur de quelques milliers de francs par habitant et par an. La collectivité ne peut donc pas se substituer à l’État sur les infrastructures lourdes.
Sa valeur ajoutée se situe ailleurs, sur trois fonctions. La première est la maturation de projets, précisément parce qu’elle coûte peu et débloque beaucoup. La deuxième est la mise en relation, dont les Redeo constituent l’instrument. La troisième est l’information économique territoriale, la donnée disponible sur la région restant fragmentaire pour un investisseur extérieur.
Le représentant de l’État a demandé aux conseillers de faire de cette mandature la meilleure du pays. La mesure la plus simple de cette ambition serait la publication, projet par projet, de la liste des 82 réalisations de 2025, avec leurs montants et leurs localisations. Un document de cette nature vaudrait plus, pour la crédibilité économique de la région, que n’importe quelle campagne de promotion.
O.F
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